• La Conversation,

Dorothée Sabatié-Garat : le lycée professionnel de Notre-Dame du Grandchamp

Publié le 13 mai 2022 Mis à jour le 2 décembre 2022
Dorothée Sabatié-Garat, responsable pédagogique du lycée professionnel de notre-dame du grandchamp à versailles
Dorothée Sabatié-Garat, responsable pédagogique du lycée professionnel de notre-dame du grandchamp à versailles
Date(s)

le 13 mai 2022

Nous avons eu le plaisir de partager une Conversation avec Dorothée Sabatié-Garat, responsable pédagogique du lycée professionnel (sur le site de Versailles). Elle nous en dit plus sur les spécificités de cette voie, qui, malgré les perspectives offertes aux élèves, souffre encore trop souvent de préjugés.

Qu’est-ce que la filière professionnelle au lycée ?  

D. Sabatié-Garat
: C’est une voie de la réussite pour des jeunes qui ont eu des difficultés au collège, voire qui ont été cassés par le système scolaire.

C’est également la voie du concret (travaux de groupes, mises en situation professionnelle...), avec une valorisation des prestations orales et moins de rédactionnel - par rapport au lycée général et technologique.

La filière professionnelle peut également être une voie d’inclusion pour des élèves à besoin éducatif particulier (statut de handicap, troubles des apprentissages...).  

Quelle est la spécificité du lycée professionnel de Notre-Dame du Grandchamp ?

D. Sabatié-Garat : Le lycée professionnel de Notre-Dame du Grandchamp est quelque chose de l’ordre de la transition. Pour une bonne partie de nos élèves, c’est la transition entre une scolarité difficile au collège et le projet de poursuivre leurs études. C’est d’ailleurs l’une des spécificités de notre établissement. Par rapport à la moyenne nationale, un très grand nombre de nos bacheliers de la voie professionnelle accède à l’enseignement supérieur. Ils intègrent principalement des BTS, aux côtés d’élèves issus des filières technologique et générale.

L’année de seconde au lycée professionnel de Notre-Dame du Grandchamp constitue également à elle seule une transition. Apprentissages, évaluations... Nous appliquons le proverbe : “lentement mais sûrement”. Nos élèves en profitent pour reprendre confiance en eux, découvrir leurs capacités, leurs qualités...

Cette première année est également dédiée au renforcement des matières fondamentales (maths, français), via des heures d’accompagnement personnalisé. Un impératif pour aborder la suite de leur cursus avec sérénité et envisager une poursuite d’étude dans le supérieur. 

Comment sont sélectionnés les jeunes qui intègrent le lycée professionnel à Notre-Dame du Grandchamp ?

D. Sabatié-Garat
: Le niveau scolaire entre en ligne de compte. Accepter un candidat avec un niveau insuffisant, c’est prendre le risque de le mettre en difficulté - voire de “l’envoyer dans le mur”. De même, nous accordons une attention particulière au comportement du candidat. Celui-ci doit être capable d’entrer et de s’adapter à un groupe classe. Tout cela pour maintenir une bonne ambiance de travail pour nos élèves.

Après cette première étude du dossier scolaire, nous présélectionnons les candidats pour une phase d'entretien. Ce temps d’échange est l’occasion d’en découvrir plus sur le jeune et sa famille :  Qui est-il ? Quels sont ses loisirs, ses projets ? Des éléments que l’on a besoin de connaitre pour mieux l'accompagner, mais aussi l'orienter. Selon le profil et le projet du jeune, on le conseille dans le choix de l’une de nos deux filières : Métiers du Commerce et de la Vente (MCV) ou Assistance à la Gestion des Organisations (et de leurs activités) (AGOrA).

Pour affiner encore cette orientation, nous proposons des demi-journées d’immersion aux collégiens (“mini-stages”). L’occasion pour eux de mieux discerner les filières MCV et AGOrA, “faire un bain” dans une classe de seconde professionnelle et découvrir l’établissement.

Lors des entretiens d’inscription, les candidats sont d’abord reçus par Cécile Le Guillou, directrice de l’enseignement professionnel, puis par vous, Responsable pédagogique. Quel est l’objectif ?

D. Sabatié-Garat
: Nous avons constaté que certains de nos élèves de seconde professionnelle avaient du mal à se conformer aux règles et adhérer à l’esprit du projet éducatif de Notre-Dame du Grandchamp.

Pour y remédier, Cécile Le Guillou intervient désormais en début d’entretien afin de présenter l’établissement et son esprit. Suite à cela, je reçois les candidats et leurs familles (en compagnie de Gaëlle Sharpin, si le jeune souhaite bénéficier du dispositif ULIS) pour un échange sur leur profil et leur projet.

Cette double rencontre permet également au jeune et ses parents de distinguer nos rôles et de nous identifier comme interlocutrices en cas de besoins.

Vous avez intégré Notre-Dame du Grandchamp en 2011 en tant que professeur de physique-chimie puis de mathématiques, après une carrière d’ingénieure. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre vocation d’enseigner, de surcroît dans un établissement catholique ?

D. Sabatié-Garat
: Ce qui m’intéressait dans l’enseignement, ce n’est pas tant la matière que - c’est un bien grand mot - la pédagogie : se mettre au service des jeunes, développer une relation avec les élèves, le plaisir de gérer un groupe classe, de rire ensemble, de tenter de créer une atmosphère détendue dans le rapport au travail...

Quant à l’esprit de l’enseignement catholique, il me convient tout à fait. Nous sommes porteurs de valeurs et d’une identité propre (marquée par le Christ) et c’est justement cette identité très forte et spécifique qui nous porte à l’ouverture. Nous accueillons les jeunes et leur famille tels qu’ils sont, catholiques ou non.

Un mot pour les jeunes (et leurs parents) qui souhaitent intégrer ce parcours ou qui hésitent encore sur la voie professionnelle ?

D. Sabatié-Garat
: Ce sont eux qui font Notre-Dame du Grandchamp. Le projet éducatif, nous le faisons vivre ensemble : jeunes, familles, professeurs et administratifs. Notre préoccupation est de travailler dans la même direction.

Le lycée professionnel de Notre-Dame du Grandchamp est un pôle d’enseignement toujours en projet : on se questionne, on s’interroge, on cherche à l'améliorer en permanence afin qu’il réponde aux besoins de nos jeunes. Parce que ce qui fonctionne aujourd’hui ne marchera peut-être pas demain. D’où cette idée d’amélioration continue : c’est la pâte de l'établissement me semble-t-il.